Je suis individualiste

Entre héritage tribal et quête de soi, ce récit explore le chemin de l’individuation. Être soi, sans renier les autres : un équilibre fragile mais vital.

IDENTITÉS, SOCIÉTÉ & POUVOIR

Transmitho

10/10/202513 min read

Ce n’est que maintenant que je le réalise pleinement.

Je suis entrée pour la première fois à l’école à l’âge de six ans, en Algérie. C’était dans la cour d’école, bancalement aménagée, que nous attendions d’être appelés afin de rejoindre nos salles respectives. Celles que nous allions occuper toute l’année.

À ce moment précis, j’avais ressenti quelque chose de rare, presque solennel. J’étais sereine. Enfin prête à prendre un espace qui m’appartenait vraiment : celui de l’expression de ce que je voulais offrir qui ne m’avait jamais été autorisé auparavant. C’était une sensation étrange, comme une promesse de liberté face à l’emprisonnement d’un espace familial dans lequel je n’existais qu’à travers « fille de » ou « sœur de ».

J’avais la sensation puissante d’être enfin quelqu’un.

Quand la personne qui faisait l’appel avait prononcé mon prénom, j’ai ressenti comme le devoir ultime d’enfin être moi. J’étais Soraya et je voulais le montrer.

Bien sûr, à ce moment là, je n’en avais absolument pas conscience ! Cela se traduisait plutôt par la confiance en une nouvelle ouverture et une exposition que personne ne pouvait m’enlever !

En y pensant, cela me semble tout de même paradoxal que dans un espace aussi normatif et formatant que l’école, cette sensation d’apparente liberté d’expression me poursuivit assez loin dans ma scolarité. Au fil du temps, je croyais avoir trouvé un espace de liberté. Mais j’ai rapidement compris que cette liberté avait ses propres murs invisibles : ceux du groupe, de la tradition, des injustices, du formatage et du « c’est comme ça ».

Ce que je vivais personnellement, portait en lui l’empreinte d’une dynamique plus grande.

Dans de nombreuses sociétés, surtout celles que l’on pourrait appeler « tribales », l’individu n’existe que dans et par le collectif. Ses rêves, ses différences et sa singularité sont des menaces silencieuses.

Dans cette quête de compréhension de l’individualisme, je vous propose une immersion visuelle qui éclaire ces réflexions à travers cette vidéo qui offre une perspective complémentaire.

La solitude de l’individualiste dans un monde tribal

Les critiques acerbes des « sociétés individualistes » ne manquent pas. En ce qui me concerne, je considère que le pays d’où je viens repose sur une structure tribale. Malgré l’apparence d’une société « République démocratique et populaire », chacun de ses membres a parfaitement conscience que le pouvoir (le système comme on l’appelle !) est détenu et exercé par un petit nombre de familles ! Bon, vous me direz peut-être que c’est le cas partout dans le monde… et ce n’est pas faux. Cela dit, si l’on prend à la mobilité sociale comme critère de tribalité atténuée, on constate qu’elle est bien plus présente dans les pays européens qu’africains ou asiatiques.

Dans les sociétés « tribales » (au sens large), le groupe prime sur l’individu et dans les sociétés individualistes, l’individu est autonome et responsable de ses choix. Cela se traduit par une très forte conformité sociale dans les sociétés communautaires et surtout une indissociation de l’individu du groupe auquel il appartient. D’ailleurs, je me souviens que lorsque je me présentais à différents endroits, j’étais la « famille un tel ». S’identifier par son prénom ou un quelconque autres statut n’a aucun sens. Je détestais ça mais en même temps, je ne peux pas nier que je jouissais aussi des avantages ! Solidarité familiale, accès à un réseau dont je pouvais bénéficier (même symboliquement), bénéficier de la bonne réputation qu’avaient mes aïeuls (merci à eux) et ainsi de suite.

En revanche, j’ai vu une certaine pression par l’intermédiaire de mes deux grandes sœurs qui avaient le malheur d’aimer et pratiquer un sport. Je ne l’ai pas directement subi car je suis partie d’Algérie avant l’adolescence mais mon père leur disait parfois « les filles X ne font pas ça ». Il subissait sûrement cette raillerie mâle omniprésente selon laquelle : « regarde celui-là, il laisse ses filles courir, c’est pas un homme… ». La réputation familiale pèse lourdement sur les comportements personnels et s’en affranchir ou même l’envisager, est considéré comme une déviance sociale. À l’époque je n’en percevais pas le sens mais j’essayais tout de même de comprendre où était le mal dans ce qu’elles faisaient ! Puis on me disait « C’est comme ça ! ».

Alors c’est ainsi que l’on finit par se conformer et s’auto-interdire. Questionner et avoir ses propres rêves ou une singularité particulière étaient perçus comme un danger et une menace à l’harmonie du groupe et à la perpétuation des traditions ! Exister en dehors du groupe est juste impensable. Et ce qui n’est pas pensé ne peut exister.

Ce besoin de se distinguer et de se connaître est une pulsation universelle. Bien que ces phénomènes existent partout, il est indéniablement plus facile de « choisir » sa voie dans une société individualiste que dans une tribu.

Mais pourquoi ce besoin est-il si impérieux ? Pourquoi vouloir exister en son nom propre semble-t-il, parfois, plus vital que la conformité ou même que l’amour du groupe ?

C’est la psychologie moderne qui nous éclaire sur cette quête intérieure à travers le concept d’individuation.

Le processus d’individuation en psychologie

C’est dans l’étude de la psychologie que je retrouve quelques explications de ce que je percevais comme étant « égoïste », « têtu », « déviant », « perdu » ou encore « rebelle », selon les perceptions extérieures.

Le développement d’un individu requiert plusieurs phases universelles mais nuancées par quelques spécificités culturelles. Parmi ces étapes, le processus d’individuation occupe une place centrale. Selon Carl Gustav Jung, qui a popularisé ce concept, l’individuation est “le processus par lequel un individu devient ce qu’il est réellement, en distinguant son moi conscient des influences collectives inconscientes”. (Psychological Types, 1921). Il ne s’agit pas de devenir égoïste ou isolé, mais de se démarquer de la masse tout en trouvant une harmonie intérieure.

La psychologie développementale (notamment avec Margaret Mahler) décrit aussi l’individuation dans l’enfance, comme un processus crucial où l’enfant commence à se percevoir comme une entité distincte de sa mère (The Psychological Birth of the Human Infant, 1975). C’est ce moment où il réalise « Je suis moi, et tu es toi ». Une révolution intérieure qui fonde la base de toute autonomie future.

Je me souviens qu’à un très jeune âge (je crois que j’avais à peine 4 ou 5 ans), je voulais mettre moi-même mon manteau et enfiler mes chaussures. Je le faisais très mal et m’énervais lorsque ma mère voulait m’aider ou encore m’arranger le col. Je voulais être autonome et faire par moi-même et je me sentais blessée de ne pas pouvoir m’y exercer ! À quelques nuances près, ça n’a pas vraiment changé…

Lorsque cette étape naturelle est entravée (par pression sociale, traditions écrasantes ou peur de la différence), les conséquences psychologiques peuvent être multiples et profondes. Dans les cas les plus légers, l’absence d’individuation se manifeste par des déséquilibres émotionnels tels que de la dépendance affective, de l’anxiété sociale légère ou un manque d’estime de soi.

Selon Sam Vaknin, connu pour ses travaux sur le narcissisme pathologique, un individu qui n’a pas réussi à construire une identité propre (parce que ses besoins émotionnels n’ont pas été reconnus, ou parce qu’il a été instrumentalisé par ses parents), va construire un « faux self » pour survivre socialement. Ce faux-self est un masque destiné à plaire, à contrôler ou à manipuler — mais il cache un soi intérieur vide et fragmenté.

Lorsque l’individuation est totalement avortée, l’individu n’a pas d’autre choix que de se construire autour d’un « faux moi », dans une tentative permanente de validation extérieure. Cela mène parfois à des structures pathologiques comme le narcissisme, où l’existence intérieure est remplacée par une simple performance sociale.” Sam Vaknin

Lorsque ce processus est plus sévèrement bloqué, on observe des troubles plus profonds et même dissociatifs tels que des troubles de la personnalité, des dépressions existentielles ou même des troubles dissociatifs de l’identité.

Ainsi, ne pas s’individuer, c’est rester prisonnier de l’autre, du regard du groupe, sans jamais accéder pleinement à soi-même. C’est vivre en exil de son propre centre intérieur, en perpétuelle quête d’un miroir qui renverrait une image rassurante, mais toujours instable et insatisfaisante. À travers l’individuation, c’est le passage de l’hétéronomie (vivre selon les lois des autres) à l’autonomie psychique véritable qui se joue — une transition aussi fragile que fondamentale pour la santé mentale et spirituelle.

Quand ce chemin intérieur est entravé, ce n’est pas seulement l’épanouissement qui est compromis, c’est la possibilité même d’Être ! Pourtant, il fut un temps où l’émergence de l’individu fut célébrée comme une conquête collective.

Faisons un détour par la Grèce antique pour nous éclairer sur la naissance d’une idée neuve…

L’héritage grec : l’individu naît dans l’histoire

Ce n’est que récemment, en écoutant un podcast sur l’évolution de la musculation depuis l’époque grecque (lien ici), que certaines pièces du puzzle se sont remises en place.
J’avais déjà cet intérêt croissant pour la Grèce, surtout grâce à mon père qui en faisait régulièrement l’apologie. Ceci dit, les philosophies sorties de leur contexte n’avaient que très peu de saveur car selon moi, les pensées s’inscrivent toujours via un filtre psychologique coloré d’affects et de conditionnements spacio-temporels. Je veux toujours comprendre comment les gens vivaient vraiment. Comment ils pensaient au quotidien, au-delà des mythes. À quoi rattacher ce mode de vie. Et là, il me manquait à chaque fois quelque chose de plus palpable.

Le sujet m’a frappé : c’est à Athènes qu’est née l’idée de citoyen-individu. Pas juste un membre interchangeable du groupe, pas juste un soldat ou un fils, mais un être qui existe par et pour lui-même, capable de penser, choisir et même contester.

Ce peut sembler banal aujourd’hui, mais cette idée était révolutionnaire. À Athènes, être citoyen, c’était appartenir à la cité, mais aussi être légitime en tant qu’individu. Les deux étaient compatibles. Il y avait cette tension permanente : se tenir debout dans la cité, tout en cultivant son excellence personnelle (arete), sa propre pensée et sa propre voix. Un équilibre instable, fragile. Mais au moins, la question existait : comment être un homme libre dans un monde qui exige votre loyauté collective ?

Plus tard, avec le christianisme, tout change. L’individu n’est plus seulement un acteur politique, il devient une âme. Et cette âme, elle doit rendre des comptes directement à Dieu, pas à la cité. Ce n’est plus la voix du peuple qui te juge, c’est celle de l’éternité.

Puis vient Descartes, et tout bascule à nouveau. « Je pense donc je suis. » La pensée comme objet déconnecté devient le nouveau centre de gravité. Ce n’est plus Dieu ni la cité qui garantissent ton existence : c’est toi, dans ta pensée.

Et puis Nietzsche, qui enfonce le clou. Dieu est mort. L’individu est seul, radicalement seul, face à sa propre création de sens. Il doit devenir créateur de ses propres valeurs, au risque de sombrer dans le vide.

Aujourd’hui, nous vivons les conséquences de tout ça dans les sociétés individualistes : l’individu triomphe, certes, mais parfois au prix de la solitude, du vide et du narcissisme creux. Et je crois bien que c’est contre cela que les critiques se fondent et non contre l’individualisme lui-même.

L’individualisme, ce n’est pas un caprice moderne. Ce n’est pas un accident. C’est une conquête ! Un chemin douloureux, parfois violent, souvent magnifique, qui a traversé les siècles.

Aujourd’hui, que reste-t-il de cet héritage ? Dans nos sociétés modernes, l’individu semble libre… mais parfois tragiquement seul.

Les paradoxes modernes : entre solitude et quête de lien

« Qu’est-ce que j’aimerais vivre dans une ville anonyme, où personne ne me connaît et où je pourrais être et faire ce que je veux ! ».

C’est ce que m’avait confié un proche qui avait passé pratiquement toute sa vie dans un village. Étouffé par la pression du groupe et l’étau d’une pensée unique, il rêvait d’un monde individualiste… celui-là même que beaucoup cherchent aujourd’hui à fuir !

J’ai récemment passé quelques semaines à Rennes et une certaine tension m’a sautée aux yeux.

À quelques jours d’intervalle, deux scènes m’ont frappée.

Un jour, un homme me demande du change. S’étonnant de mon sourire, il engage la conversation. J’ai instantanément senti son énergie collante. Il avançait, je reculais. Il semblait assoiffé d’attention, presque choqué que je lui réponde avec "bienveillance". Il me remercie pour mon sourire mais je lui précise que ce sourire ne lui était pas personnellement destiné. Ce sont souvent ces personnes « en manque » qui, sous couvert de gentillesse et de discours anticapitalistes, cherchent à aspirer votre énergie et vous embarquer dans leur réalité nauséabonde.

Deux ou trois jours plus tard, en centre-ville, d’autres personnages du même style (« punks à chiens ») m’interpellent de loin : « Combien coûte un sourire gratuit de votre part ? »
Je tourne la tête, vérifie s’il s’adresse bien à moi, et répond sèchement de ma voix la plus rauque et agressive : « Et pour quoi faire ? » Son éclat de rire et celui de son camarade fusent « Oh, le regard noir qu’elle t’a jeté ! »

Que se passe-t-il !?!
Quelqu’un peut-il m’expliquer cette injonction au sourire, ce devoir implicite de répondre aux besoins affectifs de parfaits inconnus ? Je comprends que chacun porte ses blessures, son histoire, sa signature énergétique. Cela dit, forcer l’autre à combler ses manques affectifs, au nom de la bienveillance ou de la « résistance anticapitaliste », me semble être une forme subtile de dictature ! Une manipulation douce, qui cherche à obtenir de l’extérieur ce qu’on n’arrive pas à générer de l’intérieur : l’amour de soi et une forme d’auto-régulation émotionnelle.

Ce besoin d’affection, exacerbé par l’isolement dans les sociétés individualistes, mérite clairement d’être interrogé. La nostalgie d’un lien communautaire authentique persiste, même dans un monde d’anonymat.

Les individualistes ont besoin de connexion. Mais pas à n’importe quel prix ! Je veux être libre d’offrir un lien, non contrainte par le vide affectif des autres.

Nous avons gagné la liberté d’exister seuls mais avons-nous perdu celle d’exister ensemble ?

Peut-être que la véritable question n’est pas de choisir entre le groupe et soi-même. Peut-être que le chemin est dans un équilibre plus subtil. Plus vivant.

Un équilibre subtil entre l’individu et la communauté

Peut-on exister pleinement en tant qu’individu sans être coupé du monde ? C’est précisément le genre de questions qui surgissent lorsque j’observe le fonctionnement des sociétés individualistes.

En ce qui me concerne, cela a été une véritable bénédiction.
Ces espaces de « liberté » (relative, je précise bien) m’ont permis de mieux me connaître et m’ont poussée à une véritable approche d’une recherche de connaissance de soi, loin des parasites sonores de la « tribu ».
De cette compréhension, qui se poursuit encore aujourd’hui, ont émergé plusieurs prises de conscience, notamment sur les mécanismes de manipulation de masse. Elles me permettent de préserver un jugement lucide, même au milieu du vacarme collectif.

Petit à petit, j’ai osé construire une vie qui correspond à mes besoins profonds, sans être l’esclave de conditionnements. Après la rébellion adolescente, une véritable assise intérieure a pu se former, et c’est elle qui me donne aujourd’hui la force d’aller vers les autres. Vers le monde.

Finalement, je rejoins beaucoup Nietzsche, qui insiste sur la nécessité de se forger soi-même, contre la tentation du troupeau, ou encore Jung, qui montre que l’achèvement de l’individu est le but ultime de la vie psychique.

À vrai dire, je crois que cette question est étroitement liée à celle de l’identification.

J’ai beau avoir participé à de nombreux projets, à des collectifs, à des éco-communautés, des associations, à des groupes aussi divers que variés, je ne me sens réellement appartenir à aucune communauté précise. Je suis consciente de notre interdépendance, mais je ne me définis pas par une appartenance.
S’il existait une « communauté » à laquelle je me relierais, ce serait une communauté de valeurs spirituelles partagées. Partagées et incarnées, pas seulement affichées…

Parallèlement, je reconnais faire partie de plusieurs communautés de fait, sans identification affective profonde mais plutôt par conscience d’une interdépendance naturelle.

Quelque part, j’ai construit une sorte d’appartenance choisie, rendue possible par le mode de vie que je me suis offerte. Cet équilibre est mouvant, profondément personnel. Il n’est jamais figé !

C’est justement cela qui m’a le plus rebutée dans les structures tribales : être figée ad vitam aeternam dans une appartenance, terrorisée par le rejet et les dangers qu’il implique.

La vraie sagesse de l’individualisme, ce n’est pas de se couper des autres, c’est de devenir suffisamment solide et lucide pour exister librement parmi eux, sans perdre son âme.

L’individu n’est jamais un îlot isolé.
Il est un rivage, relié aux autres par des ponts invisibles.

Certaines cultures ont su préserver ces ponts, sans renier la singularité de chacun. À travers quelques exemples, j’aimerais montrer que cet équilibre est toujours possible, et qu’il n’est peut-être pas si loin de nous.

Inspirations de sociétés : être soi tout en étant relié

Mon individualisme n’est pas un monde froid, désincarné, où chacun vit pour soi dans son petit royaume intérieur. Il existe (et il a existé) des sociétés dans lesquelles être pleinement soi-même ne signifiait pas rompre avec les autres. Athènes est certes un héritage européen mais il n’est pas le seul modèle !

Les peuple autochtones d’Amérique (avant leur colonisation et extermination) me parlent particulièrement.

Dans ces sociétés, chaque individu naissait reconnu pour sa singularité. On ne le fondait pas immédiatement dans la masse : au contraire, son talent, sa sensibilité, son rôle potentiel était observé, honoré et même encouragé. Il pouvait devenir chaman, guerrier, sage, conteur ou artisan… Son chemin personnel était vu comme une richesse pour la tribu. Être soi, c’était offrir au groupe son meilleur potentiel, et en retour, la tribu offrait l’espace pour exister.

Le lien communautaire était vital, oui. Mais il n’était pas bâti sur l’effacement de soi. Il reposait sur la conviction profonde que le groupe est plus fort quand chacun est à sa juste place. J’adore cette idée.

En Europe, aujourd’hui encore, les sociétés scandinaves représentent une autre forme de cet équilibre. Là-bas, l’autonomie individuelle est sacrée. Tu as le droit (et même le devoir ! ) d’être toi-même, de penser librement et de choisir ta voie. Mais en même temps, la solidarité est non négociable : personne ne laisse tomber un autre sans raison. Les filets sociaux sont puissants, et l’idée qu’on puisse exister sans lien est vue comme une absurdité.

Il n’y a pas cette opposition caricaturale entre « soit tu es libre, soit tu es solidaire ».

On peut être pleinement individu, et pleinement membre d’une communauté juste.

Alors oui, je choisis d’être moi. Entièrement. Radicalement.

an abstract photo of a curved building with a blue sky in the background

Recevez mes Lettres Intimes et Inspirantes

Une fois par mois, une lettre vibrante. Écrits inédits, graines de réflexion et cadeaux à télécharger.